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sept 12 2008

Les jouets est-ce qu’ils sont vraiment utiles ?

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Article paru dans le Magazine Vie Pratique Madame, n° 25
Rubrique : Mon animal
Sujet : Les jouets est-ce qu’ils sont vraiment utiles ?

Est-ce qu’un chien domestique a besoin d’un jouet pour s’épanouir ?
Non, les jouets ne sont pas les seuls éléments favorisant l’épanouissement du chien. Cela aide, bien sûr, mais ce n’est pas suffisant.
Donner des accessoires à son chien peut être une bonne idée pour l’occuper lorsqu’il est seul ou lorsque l’on n’est pas disponible pour lui dans l’instant, de même que pour stimuler son intelligence et sa capacité à résoudre des petits problèmes.
Il faut tout de même veiller à ne pas se décharger de son rôle de maître sur les jouets et de croire qu’un accessoire va vous remplacer. C’est toujours au propriétaire d’interagir avec son animal, de lui consacrer du temps, de le stimuler pour l’aider à être bien à nos côtés. Un animal n’est pas un bibelot qu’on peut laisser sur une étagère pour ne le sortir que quand on en a envie !
Je me répète : aucun objet ne peut vous remplacer et il sera beaucoup plus équilibré si vous passez du temps avec lui que s’il est laissé inactif dans son coin.

Si oui, comment l’habituer à jouer avec ?
Tout dépend du jouet que vous donnez à votre chien. Certains jeux nécessitent un apprentissage, comme par exemple le fait de chercher la balle et de vous la donner pour que le jeu commence. Tous les chiens ne savent pas d’instinct que vous donner l’objet lance l’interaction. Il faut parfois un peu d’investissement du maître pour faire comprendre à l’animal les conditions du jeu.

Est-ce important de l’habituer dès son plus jeune âge ?
Oui car plus les animaux sont jeunes, plus ils sont joueurs. Si vous inhibez ses besoins (par exemple si vous ne lui donnez pas de jouet alors qu’il est petit), il ne sera pas joueur étant adulte puisque son instinct sera resté insatisfait durant la période la plus propice pour instaurer ce rituel.

Et quelles sortes de jouets conseillez-vous ?
J’ai une préférence pour ceux qui stimulent les sens et les capacités à résoudre des problèmes. L’animal est stimulé, son mental sollicité et donc, sa capacité d’adaptation à son environnement en bénéficie aussi. Par exemple, essayez les jouets que l’on peut farcir avec de la nourriture mais qui demandent un effort au chien pour l’obtenir. La bouteille en plastique « tug a jug » ou les jouets de la marque « busy buddy » ou « kong » sont assez intéressants mais ils ne sont pas les seuls. Pour les personnes qui aiment bricoler, tout est possible pour stimuler mentalement son chien avec un peu d’imagination.

Si un chien ne s’intéresse pas du tout à son jouet (ou un chien qui ne veut jamais jouer), est-ce un mauvais signe ou est-ce seulement un signe que le jouet n’est pas adapté à ses besoins?
Certains chiens sont extrêmement joueurs, et d’autres ne le sont pas du tout. Il y a des différences selon les races, mais ce n’est pas si flagrant qu’on pourrait le croire. Il vaut mieux s’intéresser au chien présent plutôt que de généraliser à tous ce que l’on a observé sur seulement quelques éléments. Chaque individu a sa propre personnalité.
Il est vrai que ceux qui ont été stimulés très tôt continuent à s’amuser d’un rien à l’âge adulte, car ils ont pris l’habitude de passer le temps ainsi. A contrario, un chien qui n’a jamais été stimulé par des jouets peut perdre l’habitude de s’enthousiasmer.

Attention, si vous avez un chien qui était toujours partant pour le jeu et qui d’un seul coup s’arrête d’avoir des comportements ludiques, il y a lieu de chercher à comprendre ce qui se passe. Il est peut-être malade ou déprimé, et il faut alors agir pour lui redonner envie de s’amuser. Au cours d’un entretien avec un comportementaliste on peut en percevoir les causes et faire le nécessaire pour l’aider.

Laurence Bruder Sergent

Comportementaliste
www.comportement-canin.com

Auteur du livre « La cause des chiens » et « J’éduque mon chien moi-même »
Formatrice de Comportementalistes

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sept 12 2008

La frustration, ce n’est pas fait pour les chiens ?

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Devant la bouille parfois si craquante de nos chiens, nous avons tous tendance à les bichonner un maximum afin de leur rendre la vie la plus agréable possible. Oui mais voilà, est-ce vraiment leur rendre service que de les materner de la sorte ?
Certains petits malins profitent de notre gentillesse (laxisme ?) pour exiger toujours plus d’attention, de câlins, de présence, de nourriture, de temps de promenade jusqu’à, parfois, nous rendre la vie infernale. Du statut d’animaux de compagnie, ils peuvent devenir dictateurs et se prendre pour des pachas au point de ne plus accepter la moindre contrainte.
Pourtant, comme pour nous les humains, ce n’est pas leur rendre service que de leur passer tous leurs caprices.
Alors, pourquoi voulons-nous leur éviter tout déplaisir puisque c’est contraire à leur réalité et à la nôtre ?
Parce que nous voulons qu’ils nous aiment.
Eh oui, c’est aussi simple que cela. Nous pensons que plus nous les aimons, plus nous serons gentils avec eux, et plus ils nous seront attachés et fidèles. Mais l’affection ne s’achète pas ainsi, le respect non plus. Et nos chiens ne connaissent pas la valeur des efforts que nous faisons pour eux.
Pensez-vous que votre chien sache que vous vous ruinez pour lui, que vous courrez entre votre travail et les courses pour le laisser seul le moins longtemps possible ? Pensez-vous qu’il connaisse la valeur des paniers luxueux, laisses et colliers customisés, croquettes hors de prix que vous achetez pour lui offrir ce qu’il y a de meilleur ?
Une des merveilleuses capacités de nos animaux est de s’adapter aux contraintes de leur environnement. Et pour cause, il est plutôt facile de s’adapter au confort et au luxe. Mais, selon les événements de la vie, comment vont-ils ensuite supporter de bénéficier de moins de privilèges, alors qu’ils y ont été habitués depuis toujours ? Et pourquoi vous respecteraient-ils, s’ils considèrent que tout leur est dû ?
La frustration et l’attente ont l’avantage de nous faire apprécier encore plus ce que l’on nous offre, alors ne soyez pas au service de votre chien si vous voulez qu’il savoure vos « cadeaux ». La meilleure façon de le traiter est de ne pas oublier que c’est un chien, que ses besoins ne sont pas les nôtres. Cela ne veut pas dire que votre chien doit être nourri aux restes et à l’eau de vaisselle et que votre bichon peut rester dehors par moins vingt degrés, sans jamais aucune relation chaleureuse entre vous ! Il a évidemment besoin d’un minimum de contacts, de sorties, d’une nourriture adaptée et de promenades selon ses besoins, mais pitié, n’en faites pas le chihuahua de Paris Hilton !

Babou est un bon gros Caniche qui avait pour habitude de savourer une saucisse de Strasbourg quotidiennement à 16h. Le jour où son maître a omis de la lui donner, il s’est « oublié » sur son lit ! Vous croyez qu’il s’agit d’un oubli, d’une erreur ? En fait il ne s’agit nullement d’un accident, mais d’une volonté claire et nette de la part du chien de montrer son mécontentement. Si en plus il peut en profiter pour marquer son odeur sur le lieu de couchage de son propriétaire, pourquoi s’en priverait-il ?

Suggestion : Ok pour la saucisse quotidienne, mais quand cela arrange le maître, pas quand le chien le veut ! Parfois le matin, parfois le soir, après une promenade, pour le plaisir ou en récompense d’une obéissance quelconque, le chien sera alors dans l’attente et non plus dans l’exigence ! Et ne croyez pas qu’il fera une dépression chronique si son repas n’arrive pas pile à l’heure. Il attendra, comme tout le monde.

Peps est une chienne qui aime emmener sa maîtresse en promenade. Lorsqu’elles sortent toutes les deux de la maison, c’est elle qui décide de tourner à droite si elle veut appeler aller au parc, ou à gauche pour arpenter les rues de la ville. Si par malheur Madame a envisagé de prendre la voiture pour aller un peu plus loin, Mademoiselle s’assied d’elle-même sur le siège passager, surveille la route tout en posant une patte autoritaire sur la cuisse de la conductrice. Si d’aventure, comble de contrariété pour Peps, le mari souhaite se joindre à elles, il est forcé de s’asseoir à l’arrière du véhicule.

Suggestion : et si les maîtres reprenaient en douceur la place qui est la leur en imposant fermement, mais calmement, leurs décisions ? Si Peps commence à entraîner sa maîtresse à gauche, elle se retrouvera immédiatement amenée à l’opposé. Si elle résiste ? Une petite friandise ou son jouet préféré l’incitera probablement à avancer pour l’obtenir. Idem pour la voiture : sa place sera dorénavant au choix de ses propriétaires, à l’arrière de la voiture, bien attachée pour rester conforme à la réglementation, ou dans le coffre sécurisé pour elle.

Kanay est un mâle croisé de 4 ans. Il vient d’arriver dans la famille suite au décès de son ancien maître, et veut déjà imposer sa volonté à ses nouveaux propriétaires. Il se couche sous la chaise de Monsieur à table pour l’empêcher de s’y asseoir confortablement, se sert dans les assiettes laissées sans surveillance et tente régulièrement d’entrer dans la chambre à coucher. Il a déjà menacé à plusieurs reprises lorsqu’on lui a demandé de se pousser un peu (il est toujours dans le passage).

Suggestion : attention, Kanay a des habitudes de pacha qu’il entend conserver dans sa nouvelle vie, et il va falloir que ses nouveaux maîtres imposent leur autorité sans se faire mordre pour autant. Ce dernier ne veut pas renoncer à tous ces privilèges sans rechigner, d’autant qu’il a déjà donné des signes d’agressivité.
Des petites astuces vont permettre aux propriétaires d’empêcher Kanay, l’air de rien, de prendre le pouvoir sur eux : des barrières pour bébé seront installées au seuil des portes de la cuisine, du salon et de la chambre. Les portes resteront ouvertes, et Kanay verra ses maîtres mais ne pourra pas les rejoindre à sa guise, il devra attendre l’autorisation pour cela.
Lorsqu’il se trouvera dans une des pièces à laquelle ses maîtres veulent accéder, on lui demandera gentiment de sortir, en le félicitant lorsqu’il se sera exécuté.

Laurence Bruder Sergent
Comportementaliste en Alsace
www.comportement-canin.com
Auteure du livre « La cause des chiens » et « J’éduque mon chien moi-même »

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sept 12 2008

Il s’ennuie ou quand la réalité de l’un ne correspond pas à la réalité de l’autre

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Athos est un Beagle que Valérie a acheté après la mort de son vieil Epagneul.
Commerçante, elle confie son chien à son père avec lequel elle vit, durant ses longues heures de travail.
Son père m’appelle un jour parce que le chien de 9 mois est incontrôlable : il n’est toujours pas propre, fait ses besoins partout dans la maison et attrape n’importe quel objet qui passe à sa portée pour le déchiqueter vigoureusement. Tout cela, en présence de ses maîtres et même sous leurs yeux.
Père et fille habitent dans une grande maison avec un jardin de 2 ares, ce qui, leur semble-t-il, représente un terrain de jeu satisfaisant pour Athos. Ainsi, lorsque je m’enquiers du nombre de promenades quotidiennes, ils me répondent : « une fois par semaine, généralement. C’est suffisant, non ? ».
Je pousse plus loin mes investigations et leur demande s’ils jouent avec lui, s’ils passent du temps à l’occuper. Ils lui donnent un os à ronger de temps en temps et pensent en toute bonne fois être généreux.
Il en est ainsi pour toutes les activités quotidiennes : ils en font le minimum, estimant qu’Athos peut se contenter de ce qu’il a.

La réalité de ce chien est pourtant toute autre. En tant que chien de chasse et au moment de l’adolescence, il est débordant d’énergie, a un grand besoin d’exercice et de territoire à explorer. Mais ses maîtres n’en ont pas conscience. Ils pensent que puisque c’est un chien de taille plutôt petite, il n’a pas besoin de beaucoup de promenades.

Je leur propose de consacrer un peu plus de temps à Athos, de faire des sorties avec lui et des activités en tout genre (à leur convenance). Quelques jours plus tard Athos est déjà beaucoup plus calme. Il a eu droit à deux longues promenades et à sa première leçon de dressage.
La situation n’est pas réglée pour autant, mais ses maîtres ont compris qu’eux aussi avaient des efforts à faire, et surtout, qu’ils doivent observer la situation du point de vue du chien, et pas seulement avec leur regard d’humain.

Dans l’exercice de mon métier de comportementaliste, il est malheureusement fréquent de constater le décalage entre les rêves des uns et les possibilités des autres.
Certes de nombreux chiens peuvent se contenter de peu d’interactions avec leur environnement sans que cela ne créé chez eux le moindre problème. Mais d’autres, comme Athos, souffrent de l’ennui et de la pauvreté des activités qui leur sont proposées.

François et Julie forment un jeune couple dynamique. Ils travaillent tous les deux et n’ont pas trop de temps à consacrer à un enfant, ils pensent donc qu’un chien pourrait être une bonne préparation à la parentalité.
Ils me contactent pour que je les aide à trouver la race de chien qui serait compatible avec leur mode de vie. Pour résumer nos deux heures d’entretien, ils veulent un animal qui ne soit pas trop grand, qui ne perde pas trop de poil, qui ne nécessite pas de toilettage régulier, qui s’éduque facilement et soit sociable avec les autres chiens, et bien sûr, qu’il puisse rester seul de 8h à 19h00.

L’avis de la comportementaliste :
Le chien idéal pour François et Julie, c’est …. Aibo. Vous savez, le petit robot développé par une entreprise de technologie japonaise. En plus de remplir toutes les conditions demandées, il est silencieux et n’aboie que si le bouton « ON » est sélectionné.
Cette plaisanterie mise à part, certains désirs des humains sont irréalisables pour les chiens, malgré toute la bonne volonté du monde.
Un chien n’est pas fait pour rester seul 12 heures par jour, 5 jours par semaine. C’est un mammifère social, ce qui signifie qu’il a besoin de vivre en groupe. Ce n’est pas un solitaire, et même en prenant un autre chien comme copain, les deux chiens peuvent s’ennuyer à deux faute de stimulations, de rencontres et d’interactions.

Amstie est une jeune Terre Neuve de 18 mois, que ses propriétaires ont achetée à son éleveur quelques jours avant ma visite. Elle est le premier chien de cette famille pleine de bonnes intentions mais peu habituée aux mœurs canines. Inquiets devant le moindre imprévu et pour éviter de croiser d’autres chiens qui « pourraient être dangereux », ils ne sortent Amstie que très tôt le matin et tard le soir, lorsqu’ils sont certains de ne plus croiser personne dans les rues.
Voulant la protéger d’un hypothétique danger, ils la privent surtout de tout.
Amstie n’a pas le droit de renifler le sol (c’est sale) ni les excréments des autres chiens (c’est dégoûtant), de jouer avec d’autres chiens (elle peut se blesser) ou de se promener sans laisse (elle pourrait croiser une voiture, ou pire, s’enfuir !).
Lorsque je me rends sur place je trouve une chienne apathique, le poil terne et le regard fatigué, sans entrain ni énergie.
En posant des questions sur son lieu d’élevage j’apprends que la chienne passait la plus grande partie de ses journées à l’extérieur avec une dizaine d’autres chiens. La conclusion n’est pas difficile à établir : Amstie s’ennuie prodigieusement, elle est privée de toutes stimulations, et déprime.

Là encore il est aisé de remédier à la situation en proposant à la chienne des interactions variées avec des humains et des chiens en expliquant à ses propriétaires bienveillants le non-fondé de leurs craintes.

Parmi d’autres cas de chiens peu ou pas stimulés qui dépérissent peu à peu ou développent des problèmes de comportement, il est aussi possible de citer :
– ceux qui ont la chance de vivre sur un terrain dont ils connaissent par cœur le moindre centimètre carré et ne sont jamais promenés puisque l’on imagine qu’ils ont largement de quoi se dépenser,
– ceux qui sont livrés à eux-mêmes toute la journée (même en compagnie d’autres animaux mais sans humains pour les divertir) et
– ceux dont la nature profonde nécessite beaucoup d’exercice physique mais qui passent leur vie sur le canapé à attendre que le temps passe, faute de longue promenade au grand air.

Les attentes des maîtres et les possibilités des chiens ne sont pas toujours en adéquation. Nous voudrions qu’ils s’adaptent à nos conditions de vie quelles qu’elles soient.
Nos chiens sont nos meilleurs compagnons depuis des siècles. Peut-on en dire autant de nous à leur égard ?

Laurence Bruder Sergent
Comportementaliste

Comportement canin
Formation comportementaliste
Education canine

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sept 12 2008

Histoires de malpropreté

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Vanille est une femelle Dobermann de 18 mois qui n’est toujours pas propre, me disent ses propriétaires lorsqu’ils m’appellent pour avoir des conseils.
« Elle était propre jusqu’à présent, et depuis deux mois, elle recommence à faire ses besoins. »
Demandant des précisions, j’apprends que la chienne a toujours vécu à l’extérieur de la maison, mais que l’hiver aidant, elle a fini par avoir le droit de dormir à l’intérieur, et c’est depuis ce moment qu’elle fait ses besoins n’importe où. Etait-elle propre auparavant ? Oui, puisqu’elle vivait dehors, elle pouvait donc se soulager comme elle voulait.

Débriefing de la comportementaliste :
La notion de propreté n’est pas la même selon que l’on se place du point de vue du chien ou de l’humain. Lorsqu’on est un chien et que l’on éprouve le besoin d’éliminer… on le fait ! Mais lorsque l’on est un humain, on se rend à un endroit réservé à cela.
Je suppose donc qu’en réalité Vanille n’a jamais appris à être propre. Puisqu’elle vivait en extérieur, elle pouvait se soulager selon ses envies sans subir de remontrance.
A présent, il faut lui apprendre qu’elle doit faire ses besoins à un certain endroit (dehors) et non à l’intérieur de la maison.
Le problème dans ce cas relève d’une question de mauvaise acquisition de la propreté.

Loustic est une chienne Shi Tzu de 5 ans qui s’est mise à faire ses besoins sur le lit de sa maîtresse depuis quelques semaines. Qu’est-ce qui a évolué dans sa vie récemment ? Rien de spécial, si ce n’est que Madame a «changé de petit ami et qu’elle est moins disponible pour sa petite chienne », me dit-elle.

L’avis de la comportementaliste :
Ce qui peut passer pour des détails pour les propriétaires sont parfois de réels cataclysmes pour nos chiens. Leurs habitudes sont bouleversées, nos comportements vis-à-vis d’eux sont différents, ils n’en comprennent pas les raisons et expriment leur mal-être à leur façon. L’arrivée d’un enfant, d’un nouveau venu ou d’un autre animal, des absences plus fréquentes, un manque de promenades ou de temps sont autant de raisons pouvant amener un chien à devenir malpropre.
Il s’agit ici du résultat d’une perturbation dans le quotidien de l’animal.

Mastoc est un molosse de bientôt 7 ans qui a commencé à salir son panier tout récemment. Il s’oublie dans la journée et aussi durant son sommeil.
Caramelle a été stérilisée et n’arrive plus à retenir son urine depuis l’opération. Quel que soit la pièce dans laquelle elle se trouve, elle se soulage lorsqu’elle en éprouve le besoin.
Rien n’a changé dans les environnements de ces deux chiens qui étaient jusque là tout à fait propres.

Possibilité envisagée :
Une visite chez le vétérinaire s’impose afin de cerner un éventuel problème physiologique qui pourrait provoquer l’incontinence chez ces deux chiens. Après consultation, le diagnostic est effectivement posé et les animaux pris en charge par le spécialiste : l’origine des désordres ne relève pas d’un problème de comportement, même si ces deux animaux malades méritent une attention bienveillante de leurs propriétaires et quelques aménagements pour faciliter la vie de tous.

Titus est un Cocker de 18 mois. Ses propriétaires m’appellent pour remédier à sa tendance à uriner sur les surfaces verticales et les meubles en hauteur.. Titus a élu domicile sur le lit de ses maîtres et il est impossible de l’en déloger. Voleur, possessif, exclusif, il a un caractère très affirmé et ils éprouvent toutes les peines du monde à se faire respecter.

Propositions de la comportementaliste :
Le travail qu’il convient de mener pour commencer est d’amener Titus à rester à sa place de chien. Il est possible qu’il veuille marquer son « territoire » de son odeur, et il faut à présent lui faire comprendre que la maison n’est pas à lui mais à ses maîtres. Il n’a donc pas à vouloir s’approprier les lieux. Pour ce faire, il convient de bien gérer ses déplacements, de veiller à contrôler certains lieux (réservés aux propriétaires), lui donner une place clairement définie et bien gérer toutes les interactions quotidiennes (nourriture, promenades, jeux etc.).
Une fois Titus mieux placé dans une organisation familiale claire pour lui, les « accidents » (qui n’en sont pas, au contraire !) se font de plus en plus rares, jusqu’à disparaître.
La malpropreté de Titus résulte d’un mauvais placement dans l’organisation de la famille.

Looping est un Beauceron de 4 ans qui n’a jamais été propre comme ses maîtres le souhaiteraient. Il peut rester 15 jours sans faire ses besoins dans la maison, puis uriner dans toutes les pièces. Sujet à des crises d’angoisse et à des comportements aléatoires comme s’infliger des plaies de léchage ou manger ses propres excréments, il ressent un fort malaise qui l’amène à devenir malpropre à la moindre modification d’une habitude.

Action menée conjointement avec la comportementaliste et un vétérinaire spécialisé en homéopathie : il convient d’apaiser les émotions excessives de Looping pour l’amener à supporter quelques changements dans son environnement sans stress démesuré. Après un traitement médicamenteux prescrit par le vétérinaire, un long travail de thérapie sera mené afin de rentre Looping plus résistant aux modifications quotidiennes. Il s’agit de l’amener à développer une capacité d’adaptation face à la nouveauté qu’il ne possédait pas jusqu’à présent.
Looping est un « sensible » qui a besoin d’acquérir un peu de confiance en lui afin de supporter les petits changements qui peuvent survenir dans son quotidien.

Pour conclure, mis à part les problèmes purement physiologiques, on peut estimer à deux grandes causes les problèmes de malpropretés : un apprentissage de la propreté incomplet ou inadapté et une activité dite de « substitution » exprimant un mal être ou une émotion forte. Un comportement étant rarement imputable à une seule et unique cause, les possibilités peuvent s’additionner.
Faut-il rappeler qu’aucun de ces chiens n’avait besoin d’être dressé, mais d’être compris. D’où l’intérêt de bien se faire conseiller par un spécialiste du comportement canin : le comportementaliste.

Laurence Bruder Sergent
Comportementaliste
Région Alsace
http://www.comportement-canin.com
03 88 48 87 85 / 06 824 825 47

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sept 12 2008

Ne laissez pas vos chiens divaguer !

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En dehors des grandes agglomérations, il arrive fréquemment que l’on croise un chien errant au cours de nos sorties dans les petites villes ou dans les villages. Les excuses des propriétaires (quand on les trouve) pour se déresponsabiliser varient de « je n’ai pas de clôture », jusqu’à « je n’ai pas le temps de le promener », en passant par « il ne fait de mal à personne », et « il a échappé à ma vigilance, c’est la première fois que cela arrive » ou encore « il ne lui ai jamais rien arrivé, il fait attention ».

On a beau défendre la cause des chiens, il y a des moments où la négligence des hommes irrite.

Est-il utile de préciser qu’un chien n’est pas un humain et qu’aussi gentil soit-il, il peut avoir une réaction imprévisible dans un contexte favorisant ? Même dans une rue peu fréquentée, il suffit d’une fois pour que l’animal errant provoque un incident.

Pour les propriétaires un peu laxistes qui laissent leurs chiens divaguer à leur guise, sous couvert de « liberté et absence de contraintes », j’évoquerai les risques que leur animal cause un accident de la circulation (il peut être blessé, ou si par réflexe le conducteur l’évite, provoquer indirectement des dégâts), qu’il morde un passant (qui voudrait par exemple le repousser ou l’empêcher de venir flairer son enfant), qu’il se mette à poursuivre tout ce qui se déplace un peu rapidement (les chats, les cyclistes, les voitures) ou qu’il terrorise une personne qui n’est pas familière des chiens.
Si vous ne pensez pas aux autres, pensez au moins à lui : votre chien peut se faire écraser par un véhicule, être poursuivi par un enfant qui insiste pour le caresser malgré ses signes de refus ou tout simplement se blesser en posant la patte sur un objet contondant.

Dans tous les cas, c’est votre responsabilité civile qui est engagée, on l’a encore vu récemment avec les chiens dits « dangereux ».

Je pense à Blacky, qui a été empoisonné par un raticide. Ce chien de 6 ans avait l’habitude de vivre sa vie comme il l’entendait, ses maîtres remplissait sa gamelle tous les jours et ne s’inquiétaient pas de savoir où il allait et à quoi il passait son temps. Tout allait bien depuis des années, pourquoi est-ce que cela changerait ? Un jour qu’il a pénétré chez des particuliers, il a visité la maison et mangé le produit destiné aux rongeurs. Le temps de se traîner jusque chez lui et d’attendre le retour des maîtres absents, il y a laissé la vie.
Tous les voisins connaissaient et caressaient à l’occasion Coyotte, jeune labrador mignon et attachant, qui se promenait souvent seul. Un jour qu’il traversait la rue avec la fougue de sa jeunesse, il est passé sous une voiture. Le conducteur a fini sa route dans un mur et lui s’en est tiré avec une patte et une épaule brisées, mais cela aurait pu être encore pire.
Je pense aussi à Cork, qui a mordu mortellement le bichon d’une pauvre mamie. Celle-ci n’a rien pu faire pour sauver son chien terrorisé. Cork se baladait seul, la propriétaire traumatisée par l’altercation a dû, en plus de son chagrin, participer aux recherches pour retrouver le maître fautif qui s’est lâchement désolidarisé de l’affaire.
Tchazz était un jeune amstaff qui a eu la malchance d’avoir un maître totalement irresponsable. Se jouant des lois et des obligations, ce dernier a laissé son chien errer et Tchazz pourtant des plus sociables et de bonne composition a été euthanasié pour cause de divagation sur la voie publique. Nous savons tous ce qui arrive aux chiens catégorisés qui ne sont pas en règle.

Oui, c’est triste ce que je vous raconte. Mais c’est la réalité et c’est justement parce que ces chiens avaient une place, toute petite, mais une place quand même dans la société (au sens vie en groupe), que j’ai voulu traiter de cette question.
S’il vous est arrivé occasionnellement de laisser votre chien faire sa promenade tout seul, demandez-vous comment vous réagiriez si vous étiez les propriétaires de Blacky, Coyotte, Cork, Tchazz ou du petit bichon. Et si ce n’est pas votre cas mais que dans votre entourage vous reconnaissez un cas similaire, n’hésitez pas à leur parler de l’un de ces chiens.

Un peu d’analyse psychologique pour finir…

L’être humain peut s’interroger sur la valeur du lien qui le lie à son « meilleur ami » quand il ne se préoccupe même pas de savoir où son compagnon se trouve ni s’il court un danger. Laisser son animal errer est bien peu représentatif d’une relation étroite, complice et affectueuse, sinon pourquoi le laisser faire sa vie tout seul sans se préoccuper de son devenir ? Il n’y a pas là de « relation » mais une cohabitation largement réduite en termes d’échanges affectifs et d’interactions sociales.

Pour ne pas être injuste, il me faut aussi évoquer les situations où la raison de la fuite du chien n’est pas le résultat de la négligence de ses maîtres. Certains chenapans s’y entendent merveilleusement pour se faufiler sous une clôture, ouvrir les portes ou forcer un passage dans le but de prendre la poudre d’escampette.
Il y a plusieurs éléments dont il faut tenir compte :
Certains chiens ont un environnement qui varie peu, parfois ils ne sont pas assez promenés, n’ont pas l’occasion de flairer de nouvelles odeurs, de découvrir de nouveaux lieux, de rencontrer et jouer avec des congénères. Ils cherchent donc à combler tous seuls leurs besoins insatisfaits.
è D’autres appartiennent à des races faites pour évoluer relativement librement et sur des territoires assez vastes. Ils prennent alors plus de liberté parce que c’est aussi pour cela que l’Homme les a sélectionnés.
D’autres encore, les « chasseurs » notamment, mais pas seulement, ont pris l’habitude de se gérer tous seuls ou refusent les contraintes.

Le seul conseil que l’on puisse donner, c’est de mettre en place des habitudes à appliquer par toute la famille pour ne pas le laisser divaguer ou éviter les départs intempestifs : veiller à la fermeture à clef des portes de sorties, promener le chien le plus souvent et le plus longtemps possible selon l’emploi du temps de chacun, veiller au renouvellement des stimulations, et bien sûr, être vigilant.
Oui c’est fastidieux, mais après tout, lorsque l’on se prépare à partir de chez soi, on vérifie que les lumières sont éteintes, qu’on a bien ses papiers ou son sac à mains, alors il n’est pas bien compliqué de rajouter une vérification… ils le valent bien !

Laurence Bruder Sergent
Comportementaliste, auteur du livre « La cause des chiens » et NOUVEAU !! co-auteur de « J’éduque mon chien moi-même »

 

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